Accueil / Economie / Élevage, pêche, aquaculture : Cap sur la valeur ajoutée

Élevage, pêche, aquaculture : Cap sur la valeur ajoutée

Du 4 mai au 29 juillet 2026, les États généraux de l’Élevage, de la Pêche et de l’Aquaculture se tiennent au Mali autour de la modernisation des filières rurales. L’enjeu est de mieux organiser la production, la transformation et les marchés afin de créer davantage de valeur.

Annoncée en Conseil des ministres, la rencontre s’inscrit dans une démarche de diagnostic et d’écoute des acteurs. Elle porte sur des filières présentées officiellement comme un moteur essentiel pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, mais aussi pour les revenus ruraux, les recettes locales et l’emploi.

Le poids économique est considérable. Selon les données sectorielles disponibles, l’élevage, la pêche et l’aquaculture sont pratiqués par plus de 85% de la population, procurent des revenus à environ 30% des Maliens et contribuent à près de 19% du PIB. Le pays dispose d’un cheptel estimé à plus de 15 millions de bovins, 32 millions de petits ruminants et 37 millions de volailles.

Ce potentiel contraste avec les limites observées sur le terrain. Les producteurs vendent encore souvent des animaux, du lait ou du poisson avec peu de transformation locale. Les pertes restent liées au manque de froid, de stockage, de transport, d’abattoirs modernes, d’unités laitières et d’équipements adaptés. Les femmes engagées dans le fumage, le séchage, la vente du poisson ou des produits laitiers travaillent souvent dans des conditions fragiles.

La pêche illustre bien ce paradoxe. En 2024, la production nationale de poisson était estimée à 113 218 tonnes, dont 9 040 tonnes issues de la pisciculture, soit environ 8%. Cette part encore limitée montre la marge de progression de l’aquaculture, au moment où 7 milliards de francs CFA ont été mobilisés en 2025 pour soutenir les alliances productives dans la filière poisson.

La modernisation attendue devra donc toucher les infrastructures, le financement et l’organisation des marchés. Chaînes du froid, aliments pour bétail, alevins de qualité, services vétérinaires, bassins piscicoles, routes rurales et dispositifs d’assurance peuvent améliorer la rentabilité. L’exemple de la poissonnerie moderne de Safo montre aussi l’importance d’investissements capables de rapprocher production, conservation et commercialisation.

À l’issue des États généraux, les acteurs attendront des mesures précises, financées et suivies. La modernisation se mesurera aux revenus conservés localement, aux pertes réduites, aux emplois créés et à la capacité du Mali à transformer davantage ses productions animales, halieutiques et aquacoles sur son territoire, au bénéfice des ménages, producteurs et territoires.